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Théâtre d'Evreux Haydn Concerto pour cor, R. Croësi (photo archives)



Les critiques reconnaissent à l'orchestre de grandes qualités d'enthousiasme et de rigueur d'ensemble, une remarquable technique et un grand talent individuel. La virtuosité des solistes est particulièrement appréciée et le chef admiré pour sa rigueur, son autorité et la personnalité de ses interprétations. Evidemment, selon les lieux et les pays, les critiques raisonnent en fonction de critères souvent différents. Ainsi en Allemagne c'est la sonorité et en particulier celle des cordes qui est admirée, tandis que le répertoire n'est pas toujours apprécié La musique de Janácek  par exemple reste une inconnue pour eux, tandis que le Divertissement d'Ibert leur semble un peu trop « français ». Il est plus étonnant qu'ils admirent généralement les interprétations de musique germanique, l'orchestre inscrivant à son répertoire de nombreuses oeuvres de J.-S. Bach et W.-A. Mozart.
Pour prendre quelques exemples, A. B., dans le Aachener zeitung déclare qu `il s'agit d'un « magnifique ensemble aux qualités extraordinaires, Henri-Claude Fantapié a su en faire un orchestre extrèmement homogène qui magnifie toutes ses interprétations. Ce qui nous a le plus frappé, c'est l'extraordinaire discipline de jeu et l'élégance typiquement française de l'interprétation. », le Dr. Reboul dans le quotidien de Freiburg im Brisgau admire et constate que « l'homogénéité de la formation, la rigueur de l'exécution, l'intelligence et la sensibilité du chef devaient forcer l'admiration de tous. » et Otto Riemer, dans le Heidelberger tagblatt apprécie que « les archets de l'orchestre laissent la sonorité monter avec beauté et s'épanouir sous le signe d'une élégance typiquement latine. » Quant au directeur de l'agence Mercedes du Land, il communique ses impressions admiratives au chef, en lui prédisant l'arrivée prochaine d'une voiture de la marque des grands chefs d'orchestre. Ce qui ne s'est toujours pas produit à la date d'aujourd'hui. Tirez-en les conclusions vous-mêmes.

En France, c'est la maîtrise collective d'une formation dont l'âge moyen ne dépasse pas celui de la majorité légale (21 ans à l'époque) qui attire l'attention sur cet ensemble atypique. Ici aussi, le fait que l'orchestre porte le nom de Monaco et soit installé à Paris, que son siège soit à la Cité Universitaire, brouillent les idées pas toujours claires des chroniqueurs. A Paris, l'orchestre passe presque inaperçu de la grande presse et on ne retrouve les échos de ses concerts que dans la presse spécialisée, comme le Guide du musicien mais c'est en province et en particulier dans la presse de la Côte d'Azur que les échos sont les plus forts, parfois même excessifs.
Les solistes et le chef sont particulièrement loués, probablement d'une manière excessive., mais René Croësi, Jacques Manzone et Henri-Claude Fantapié sont tous trois originaires de Nice et Monaco. Le fait que Fantapié ait été lauréat du 10e concours international de chefs d'orchestre de Besançon en septembre 1960 et qu'il soit engagé à vingt trois ans par l'Orchestre philharmonique de Nice ajoute à l'aura générale de l'ensemble.
C'est le journal Nice-matin qui tire le premier. Le 9 juillet 1959, il est dit péremptoirement que " Lorsque des jeunes allient à leur enthousiasme  la virtuosité technique, ils s font des interprètes rares des oeuvres qu'ils exécutent. " Jean-Yves Lherme, dans Nice-Matin s'envole en découvrant cet " ensemble remarquable où les cordes sont excellentes et les vents d'une surprenante virtuosité. L'ensemble est attentif, souple et il 'sonne'. Le mérite de son chef est grand...

Mais à Paris et en province on ne s'en laisse pas conter non plus. Le critique de Nord-Eclair (J.-M. Pasquier, le 20/03/1960) est estomaqué par cette "nouvelle-vague" qui bouscule les canons établis. Il avoue même que "c'est la première fois que ce genre d'aventure lui arrive" et - après avoir "chicané sur quelques détails" il termine par un éloge appuyé du chef. Parfois, certains critiques sont désarçonnés par l'attitude des musiciens qu'ils jugent parfois "désinvolte" sur scène, regrettant que les jeunes filles n'aient pas des "robes jusqu'à la cheville" et la hommes une tenue absolument identique (Nord-Eclair, J.-M. Pasquier, le 06/02/1961). Le collier barbe du chef est aussi un élément perturbateur (qui durera tant qu'à duré la carrière du chef, les critiques musicaux, comme les adjudants des compagnies militaires semblant trouver cette pilosité peu compatible avec la musique). Néanmoins, même les plus rébarbatifs des critiques finissent par s'incliner et tous insistent sur l'enthousiasme du public à l'issue des concerts.  La Dépêche d'Evreux insiste sur un aspect souvent relevé par les autres compte-rendus: la variété des programmes et la découverte d'oeuvres rarement jouées (22/04/1962).


L'Orchestre de Chambre de Monaco fut une aventure exotique dans les difficiles années cinquante et soixante. Une telle formule était malheureusement ingérable à cette époque et il fallait donc prendre une nouvelle direction, c'est ce qui se passa en 1963-64.



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